Le domaine de la recherche scientifique implique très souvent l’utilisation régulière de produits chimiques. L’exposition à ces agents, plus ou moins nocifs, sur le court comme le long terme, peut entrainer des effets négatifs sur la santé des travailleurs.
Le service Hygiène et Sécurité de la Faculté de Pharmacie de Paris a élaboré un outil d’Évaluation des Risques Chimiques (EVRC) qui permet de visualiser les produits les plus nocifs pour la santé dans les conditions dans lesquelles ils sont manipulés.
© Faculté de Pharmacie de Paris
Selon l’article R4412-27 du Code du Travail, l’employeur doit procéder de manière régulière au mesurage de l’exposition des travailleurs aux agents chimiques dangereux dans l’atmosphère des lieux de travail, et notamment lorsque ces derniers ont une VLEP (valeur limite d’exposition professionnelle).
L’évaluation du risque chimique est une étape primordiale et nécessaire aux mesures atmosphériques et à la conception des Fiches d’Exposition Individuelles (FIE).
Sarah-Morgane Zaoui, cheffe du service hygiène et sécurité de la Faculté et Mohammed Kathiri, assistant en prévention des risques, ont élaboré un outil d’évaluation de ces risques. Conçu sous la forme d’un document Excel, il est adapté par et pour chaque équipe de recherche.
Ils nous expliquent.
D’où vient le besoin de cet outil et à quoi sert-il ?
Il n’y avait pas d’outil de ce genre sur l’Université. Le personnel CNRS a accès à l’outil FEVAR qui est fastidieux et qui ne permet pas de créer de base de données correspondant aux produits utilisés dans les équipes. Nous avons associé le CNRS pour travailler sur notre outil et avons sollicité les UMR de la Faculté (CITCOM et UTCBS) pour le tester.
L’outil que nous avons créé a plusieurs fonctions :
- Mise à jour d’une base de données de produits chimiques. Une base existe déjà dans l’outil mais elle est à faire évoluer en fonction des produits utilisés dans chaque laboratoire et de la documentation en vigueur.
- Mise à jour de l’inventaire des produits chimiques, avec leurs localisations
- Hiérarchisation des produits dangereux
- Évaluation du danger de manipulation des produits
- Établir une stratégie de campagne de mesures des valeurs limites d’exposition professionnels (ces mesures sont réglementaires)
- Établir la fiche d’exposition individuelle (réglementaire aussi)
Quels sont les améliorations des conditions de travail espérées ?
L’outil demande un gros travail au début qui consiste à la création de la base de données. Ainsi, chaque UMR, chaque équipe, voir chaque manipulateur, peut personnaliser l’outil. Il pourra ensuite mettre à jour régulièrement (et c’est aussi une obligation réglementaire) l’évaluation des risques chimiques le concernant et transmettre les données au médecin du travail. Cela peut permettre de demander l’amélioration des équipements de protection collective, des dispositifs de stockage et des équipements de protection individuelle mieux adaptés.
L’outil a été présenté au Pôle Prévention et Sécurité au Travail de l’Université qui va le déployer aux divers UMR via les Assistants de Prévention (AP). L’objectif étant de permettre au plus grand nombre l’utilisation de cet outil au sein des différentes composantes de l’Université.
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