Galerie Valette dite “Galerie des pots”

La galerie des pots regroupe des dons reçus par la Société d’Histoire de la Pharmacie et par la Faculté de Pharmacie de Paris. Un des principaux donateurs fut un pharmacien nommé Charles Fialon dont le buste de bronze peut être observé dans la salle.

Toute la longueur de cette vaste galerie est tapissée de vitrines où est exposée une riche collection de vases pharmaceutiques, majoritairement des faïences du XVIIIe siècle, mais certaines datent du XVIIe siècle ou du XIXe.

On y rencontre des albarelli au corps cylindrique cintré pour en faciliter la préhension. Ces récipients étaient destinés à contenir des drogues ou des médicaments solides ou pâteux. Les chevrettes présentent un déversoir et une anse et renfermaient des médicaments liquides plutôt visqueux, comme les sirops, les huiles ou les miels. Pour les liquides plus fluides, on avait plutôt recours à des bouteilles, des cruches ou des hydries.

Le col de ces vases était le plus souvent fermé par un disque de parchemin maintenu par une cordelette, mais on pouvait rencontrer également des couvercles.

Une évolution de l’albarello consistait en le pot canon ou pot à canon qui reposait sur un piédouche. Les centres de fabrication français, Bordeaux, Nevers, Rouen, Lyon sont largement représentés, mais un important lot de vases espagnols, surtout catalans, sont également exposés, ainsi que des vases italiens de Savone ou de Rome, et des vases originaires des pays du Nord, Delft ou Francfort. Un grand nombre de ces vases portent des inscriptions pharmaceutiques inscrites dans un cartouche, en latin, en français ou en italien. Certaines sont pittoresques, comme l’« Oleum lumbricorum », huile de ver de terre.

Quelques pots couverts de porcelaine du XIXe siècle sont également exposés, tant de forme cylindrique qu’à section octogonale, plus rares. Quelques pots de bois sont également présentés.

De nombreux objets servant à la confection des médicaments sont en outre exposés : matrice à capsules molles, réglettes à pilules, outils pour arrondir les pilules, boîte à dorer les pilules, moules à suppositoires et à ovules. Des objets de verrerie pharmaceutique, tire-lait, flacons émaillés, cornue etc. sont présentés. Les étains s’avèrent nombreux : boîtes à transporter les sangsues, seringues à clystère, soi-même servant à s’administrer un clystère sans l’aide de personne, urinal etc. Les vitrines renferment également une belle série de mortiers, généralement de bronze, allant du XVe siècle hispano-mauresque, au XIXe siècle.

Au-dessus des vitrines, des hydries de Savone, destinées à contenir d’importantes quantités de médicaments liquides, comportent un mascaron servant à maintenir le robinet permettant de soutirer le liquide sans avoir à soulever ce lourd récipient.

Dans la galerie, un certain nombre d’objets méritent une attention particulière.

Près de la porte d’entrée, se trouve une immense jarre du XVIIIe siècle, dont l’épais couvercle de bois était fermé par trois robustes cadenas, pourvus de trois clefs différentes. Chacune d’entre elles était détenue par un maître-apothicaire différent et tous trois devaient être présents pour permettre l’ouverture. On se doute que cette jarre renfermait un produit précieux. Il s’agissait de la célèbre thériaque, un médicament mis au point par Andromaque, le médecin de Néron au premier siècle, qui fut vanté par Galien au siècle suivant et gardait toute son actualité en ce XVIIIe siècle. Sa formule ne comportait pas moins de 80 constituants dont l’opium et la chair de vipère et sa préparation se faisait en public en présence des autorités. Certains considéraient la thériaque comme une panacée, d’autres la critiquaient, mais elle perdurait.

Au fond de la galerie se trouve un monumental mortier de bronze posé sur son socle de bois. Fondu par Henri Lescot à Orléans en 1571, il est orné de nombreuses plaquettes, cariatides et médailles et a participé à de nombreuses expositions. Il présente la particularité d’avoir appartenu à Henri Moissan, un pharmacien, Prix Nobel de Chimie en 1906, qui l’a donné à son élève Paul Lebeau, qui l’a lui-même donné à son élève Marcel Chaigneau qui en a fait don à la Société d’Histoire de la Pharmacie.

C’est précisément le Prix Nobel reçu par Henri Moissan qui se trouve exposé dans une vitrine voisine. Devant ce document est placée une reproduction de la cuve à électrolyse qui lui a permis d’isoler le Fluor. Contre le mur, on peut, de plus, observer le four électrique grâce auquel il a créé la chimie des hautes températures.

Au-dessus du four, se trouve une caricature représentant le corps professoral en 1906 et on reconnaît au premier plan Henri Moissan, un pied posé sur son four et brandissant sa médaille. Cette gravure est elle-même surmontée d’un tableau représentant Nicolas Vauquelin, premier directeur de l’École de Pharmacie, en costume professoral.

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